Accéder au contenu principal

Fixation du prix d’un lot de copropriété préempté : l’état réel prime, la cause de la dégradation indiffère

 

Civ. 3e, 3 avr. 2025, n° 23-23.206

Le prix d’un bien préempté doit être déterminé d’après sa consistance réelle au jour du jugement de première instance, sans égard à la cause d’éventuelle dégradation, même si elle est imputable à la création d’une zone d’aménagement différé (ZAD).

1. Contexte

Un EPF a exercé son droit de préemption sur un lot de copropriété dans une ZAD. Le propriétaire conteste l’évaluation du prix, jugée dévalorisée à cause de la dégradation des parties communes.

2. Position de la Cour de cassation

La Haute juridiction rappelle que la fixation du prix doit tenir compte de l’état réel du bien au jour du jugement, peu importe que les dégradations soient causées par la création de la ZAD.

3. Neutralité des causes de délabrement

La cause du délabrement est juridiquement indifférente : le juge doit évaluer la consistance matérielle du bien, indépendamment des responsabilités.

Conclusion

Cette décision renforce les prérogatives de l’administration en matière de préemption, au détriment des propriétaires, en neutralisant les causes de la dévalorisation foncière.

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Cabinet de Maître Sarah BOUËT – Avocate en droit public et droit immobilier à Bordeaux

  Avocate en droit public et droit immobilier à Bordeaux, j’accompagne les particuliers, les entreprises et les collectivités dans leurs démarches juridiques et contentieuses, avec une approche personnalisée et rigoureuse. 👩‍⚖️ Qui suis-je ? Je suis Maître Sarah BOUËT , avocate inscrite au barreau de Bordeaux, titulaire d’un master en droit public. Après plusieurs expériences en juridictions et en cabinets, j’ai fondé mon propre cabinet afin de proposer un accompagnement de proximité, réactif et adapté aux besoins concrets de mes clients. Mon cabinet intervient principalement en droit public (marchés publics, contentieux avec l’administration, urbanisme, droit de la fonction publique) et en droit immobilier (contentieux de la construction, litiges liés à la location meublée type Airbnb, droit de la copropriété, baux d’habitation ou commerciaux). 🔍 Mes domaines d’intervention Droit public : Marchés publics : conseil et contentieux (référés...

MaPrimeRénov’ : Que faire en cas de refus, de dossier bloqué ou de retard de paiement de l’ANAH ?

Vous attendez l’aide financière MaPrimeRénov’ pour financer vos travaux de rénovation énergétique, mais vous faites face à un refus de l’ANAH, à un dossier bloqué ou à un retard de versement de votre prime énergie ? Ces difficultés sont de plus en plus fréquentes. De nombreux particuliers, propriétaires bailleurs, artisans RGE et entreprises du bâtiment rencontrent ces problèmes : * Refus MaPrimeRénov sans explication, * Dossier MaPrimeRénov bloqué et impossible à débloquer, * Retard de versement MaPrimeRénov compromettant vos projets ou votre trésorerie, * Silence de l’ANAH malgré vos relances. Quels recours pour récupérer votre prime énergie et faire valoir vos droits face à l’ANAH ? --- ### ✅ Refus MaPrimeRénov : comment contester la décision de l’ANAH ? Vous avez reçu une notification de refus de MaPrimeRénov’ ou aucune réponse après deux mois ?  Voici vos solutions : --> Recours gracieux auprès de l’ANAH : Adressez une lettre de recours MaPrimeRénov en apportant des justifi...

Vente immobilière : le vendeur peut-il encore agir en justice après la vente ?

Il n’est pas rare, à la suite d’une vente immobilière, que des litiges subsistent concernant l’état du bien, les limites de propriété ou encore des servitudes irrégulières. Dans ce contexte, certains défendeurs invoquent l’article 31 du Code de procédure civile pour tenter de faire déclarer l’action du vendeur irrecevable, en soutenant que celui-ci ne disposerait plus d’intérêt à agir dès lors que la propriété a été transférée. Cette lecture est toutefois contraire à la jurisprudence, qui admet clairement que le vendeur peut conserver un intérêt à agir lorsqu’il s’en est expressément réservé le droit dans l’acte de vente . 1. Le principe : l’intérêt à agir s’apprécie au regard de l’article 31 du Code de procédure civile L’article 31 du Code de procédure civile prévoit que : « L’action est ouverte à tous ceux qui ont un intérêt légitime au succès ou au rejet d’une prétention. » ...