Accéder au contenu principal

Amendes civiles pour location meublée de courte durée : état de la jurisprudence

🏙️ Locations meublées de courte durée : ce que dit la jurisprudence sur l’amende civile

Immobilier – Urbanisme – Location saisonnière – Résidence secondaire – Amende civile – Règlement Airbnb – Autorisation de changement d’usage

Face à la multiplication des locations meublées touristiques de courte durée, de nombreux propriétaires ont été assignés par les municipalités, notamment Paris et Bordeaux, pour ne pas avoir respecté les règles encadrant l’activité. La jurisprudence administrative et judiciaire confirme désormais une ligne claire : le non-respect du changement d’usage peut entraîner des amendes civiles importantes.

🔍 Ce que dit la loi

Depuis la loi ALUR (2014), toute location de courte durée d’un local meublé non affecté à la résidence principale est soumise à une autorisation préalable de changement d’usage, notamment dans les communes de plus de 200 000 habitants. Cette autorisation vise à préserver l’équilibre entre logements d’habitation et offres touristiques.

⚖️ Une jurisprudence désormais stable

✅ La légalité du régime d’autorisation confirmée

Le Conseil d’État (CE, 9 juin 2022, n° 454521) et la Cour de cassation (Cass. civ. 3e, 18 février 2021, n° 19-20.918) ont validé la compatibilité du régime d'autorisation avec le droit européen, notamment la directive "services".

L’encadrement de la location meublée est donc licite et proportionné.

💶 Des condamnations fréquentes à des amendes civiles

Les juges peuvent prononcer une amende civile jusqu’à 50 000 € par local, sur le fondement de l’article L. 651-2 du code de la construction et de l’habitation.

Exemple : TGI Paris, 6e ch., 3 avril 2019, n° 18/03180 : amende de 40 000 € pour un propriétaire ayant loué un appartement sans autorisation pendant 3 ans.

La cour d’appel de Paris a aussi jugé que la bonne foi ou l’ignorance de la loi ne sont pas des excuses valables (CA Paris, 11 juin 2020, n° 19/04554).

🧾 Les revenus tirés de la location ne suffisent pas à justifier l’infraction

Même si la location génère des revenus, l’intérêt économique ne permet pas de s’affranchir de la réglementation.

✅ Bonnes pratiques à retenir

  • Vérifier si un changement d’usage est requis dans la commune concernée.
  • Ne pas louer un logement secondaire sans autorisation.
  • Respecter les obligations déclaratives (numéro d’enregistrement, durée maximale de 120 jours/an...).

Commentaires

Posts les plus consultés de ce blog

Location meublée de courte durée à Bordeaux : ce que vous devez savoir

  La location meublée de courte durée, souvent associée à des plateformes comme Airbnb, est soumise à une réglementation stricte à Bordeaux. En tant que propriétaire ou gestionnaire, il est essentiel de comprendre ces règles pour éviter des sanctions importantes. 🏠 Résidence principale : une limite de 120 jours par an Si vous louez votre résidence principale, la loi vous autorise à le faire pour une durée maximale de 120 jours par an. Au-delà de cette limite, des sanctions peuvent être appliquées. 🏢 Résidence secondaire : autorisation et compensation obligatoires Pour louer une résidence secondaire, vous devez obtenir une autorisation de changement d’usage auprès de la mairie. Cette autorisation est conditionnée à une compensation : transformer un local commercial en logement pour compenser la perte de logement due à la location touristique. 📋 Déclaration et enregistrement Toute location meublée de courte durée doit être déclarée en mairie et obtenir u...

Cabinet de Maître Sarah BOUËT – Avocate en droit public et droit immobilier à Bordeaux

  Avocate en droit public et droit immobilier à Bordeaux, j’accompagne les particuliers, les entreprises et les collectivités dans leurs démarches juridiques et contentieuses, avec une approche personnalisée et rigoureuse. 👩‍⚖️ Qui suis-je ? Je suis Maître Sarah BOUËT , avocate inscrite au barreau de Bordeaux, titulaire d’un master en droit public. Après plusieurs expériences en juridictions et en cabinets, j’ai fondé mon propre cabinet afin de proposer un accompagnement de proximité, réactif et adapté aux besoins concrets de mes clients. Mon cabinet intervient principalement en droit public (marchés publics, contentieux avec l’administration, urbanisme, droit de la fonction publique) et en droit immobilier (contentieux de la construction, litiges liés à la location meublée type Airbnb, droit de la copropriété, baux d’habitation ou commerciaux). 🔍 Mes domaines d’intervention Droit public : Marchés publics : conseil et contentieux (référés...
Taxe foncière : le coefficient d’entretien, un levier juridique méconnu pour réduire votre imposition Taxe foncière : le coefficient d’entretien, un levier juridique méconnu pour réduire votre imposition Introduction La taxe foncière constitue une charge annuelle significative pour de nombreux propriétaires. Or, son calcul repose sur des éléments techniques et fiscaux dont la portée est souvent ignorée. Parmi eux, le coefficient d’entretien , fixé par l’administration fiscale, peut avoir une incidence directe et parfois substantielle sur le montant dû. En pratique, un coefficient mal appliqué peut entraîner une surimposition . Il est donc essentiel de vérifier sa correcte détermination et, le cas échéant, d’en solliciter la rectification. Qu’est-ce que le coefficient d’entretien ? La taxe foncière est assise sur la valeur locative cadastra...